La proximité fait tout

La proximité fait tout

Publié le 20/03/2018

Nous se­rons au dé­but du mois de mars lorsque vous li­rez ces lignes. Et vous de­vriez tous avoir reçu à votre of­fi­cine les af­fiches de notre cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion « En France, 1 phar­ma­cie sur 2 va mou­rir ! », que je vous en­gage à pla­car­der bien en vue de vos pa­tients. Je vous en­gage éga­le­ment à prendre la pa­role au­près d’eux et à mon­trer votre sa­voir-faire. Car, lorsque le ri­deau de la seule phar­ma­cie du vil­lage se bais­sera pour la der­nière fois, il sera trop tard.

En lan­çant ce mot d’ordre, nous n’avons qu’un but : aler­ter sur le pire. Le pire, ce sont évi­dem­ment les re­com­man­da­tions des sages de la Cour des comptes, qui pré­co­ni­saient des coupes aveugles – plus que six phar­ma­cies en Lo­zère si on les écou­tait ! – dans un ré­seau of­fi­ci­nal qu’ils ne connaissent que de loin, de­puis leur bu­reau de la rue Cam­bon, à Pa­ris. Il fal­lait s’op­po­ser à cela et c’est ce que nous avons en­tre­pris avec cette grande cam­pagne. Si les of­fi­cines en mi­lieu ru­ral sont évi­dem­ment les pre­mières qui viennent à l’es­prit, nous n’ou­blions pas, à la FSPF, les phar­ma­ciens qui exercent en zones sen­sibles ou en zones pé­ri­ur­baines : tous sont en pre­mière ligne du sys­tème de santé. Et ce sont eux, pré­ci­sé­ment, dont on veut nous faire croire qu’ils se­raient une source d’éco­no­mies pour la col­lec­ti­vité. 

Je sais pour­tant que ceux qui connaissent les « ter­ri­toires » comme on dit, parce qu’ils y vivent, ne sont pas de cet avis. Ainsi les dé­pu­tés et les maires des 36 000 com­munes aux­quels nous ve­nons d’écrire pour leur rap­pe­ler qu’il n’y a pas de santé sans of­fi­cine. Ces édiles, eux aussi, sau­ront se battre pour « leur » phar­ma­cie parce qu’ils en connaissent la va­leur, à la fois pour la santé de leurs ad­mi­nis­trés, mais aussi pour le dy­na­misme de leur com­mune. 

Il y a pour­tant quelques rai­sons d’es­pé­rer : l’or­don­nance ré­seau pa­rue en dé­but d’an­née contient en germe la dé­fi­ni­tion de « zones fra­giles »… mais nous at­ten­dons main­te­nant que le Conseil d’État se pro­nonce sur ce qu’il en­tend réel­le­ment par « zone fra­gile ». Quant à nous, notre opi­nion est déjà faite : nous dé­fen­drons les phar­ma­ciens en tout temps et en tous lieux.

Philippe GAERTNER
Président de la FSPF
Editiorial du Pharmacien de France - mars 2018