L’As­su­rance ma­la­die doit s’en­ga­ger à nos cô­tés.

Publié le 01/03/2017

Deux mois. C’est le dé­lai que nous nous sommes fixé pour abou­tir à la si­gna­ture de la nou­velle conven­tion phar­ma­ceu­tique, qui orien­tera les cinq pro­chaines an­nées. Vu l’am­pleur de la tâche, ces huit se­maines ne se­ront pas de trop. Dans cet in­ter­valle, nous de­vrons avoir posé les bases de nou­veaux ho­no­raires pour conti­nuer à dé­ga­ger la phar­ma­cie de l’or­nière des baisses de prix sur les mé­di­ca­ments rem­bour­sables. De 53 % au­jour­d’hui, ces ho­no­raires pour­raient mon­ter à 75 % de la ré­mu­né­ra­tion de l’of­fi­cine dans quelque temps… il y a en­core deux ans, leur pro­por­tion était de 0 %, c’est dire le che­min par­couru de­puis ! Pour au­tant, même si j’ai la cer­ti­tude que la voie em­prun­tée est la bonne, nous ne de­vons pas re­lâ­cher notre at­ten­tion. En si­gnant la conven­tion de 2012, l’As­su­rance ma­la­die est de­ve­nue un in­ter­lo­cu­teur ma­jeur de la pro­fes­sion quant à sa ré­mu­né­ra­tion. Au­jour­d’hui, elle doit donc as­su­mer ce rôle en pro­po­sant à l’of­fi­cine les moyens de dé­ployer les nou­velles mis­sions et de re­le­ver les dé­fis d’un sys­tème de santé en per­pé­tuel mou­ve­ment.

C’est en ayant à l’es­prit que les of­fi­cines sont aussi des en­tre­prises comme les autres que cette né­go­cia­tion doit être abor­dée. Com­ment rai­son­na­ble­ment es­pé­rer que nous aug­men­tions nos sa­la­riés dans les an­nées à ve­nir si l’As­su­rance ma­la­die – à l’ori­gine de près de 75 % de la ré­mu­né­ra­tion des phar­ma­cies – ne s’en­gage pas à nos cô­tés dans cette même pé­riode ? À mon sens, ce se­rait in­en­vi­sa­geable : des dé­li­vrances de qua­lité doivent être va­lo­ri­sées à tout point de vue. J’en veux pour preuve ma dé­ter­mi­na­tion à voir naître de ce texte un cadre clair pour les in­ter­ven­tions phar­ma­ceu­tiques. Mal­gré les dif­fi­cul­tés tech­niques, mal­gré les écueils pra­tiques, elles sont un axe de dé­ve­lop­pe­ment ma­jeur de notre mé­tier.
Je ne fi­ni­rai pas cet édi­to­rial sans rap­pe­ler un autre de nos en­ga­ge­ments, qui concerne, lui, le ré­seau. Je veux par­ler des of­fi­cines suc­cur­sales. La me­nace qu’elles re­pré­sentent n’est pas tout à fait écar­tée à l’heure où j’écris ces lignes. Il faut le re­dire sim­ple­ment et sans re­lâche pour ne lais­ser sub­sis­ter au­cune am­bi­guïté sur le su­jet : nous n’ac­cep­te­rons pas que, dans l’or­don­nance ac­tuel­le­ment en né­go­cia­tion avec le mi­nis­tère de la Santé, ni dans au­cun autre texte d’ailleurs, soient créées des of­fi­cines de se­conde zone. L’uni­cité de lieu d’exer­cice n’est pas une lu­bie pas­sa­gère mais un bien com­mun que nous nous de­vons de pro­té­ger.

Philippe GAERTNER
Président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France

Editorial du Pharmacien de France
Mars 2017