2022, c’est demain

Publié le 15/12/2018


Quand Em­ma­nuel Ma­cron a pris la pa­role en sep­tembre der­nier, ce fut, à cer­taines égards, une sur­prise. Il est rare, en ef­fet, que la santé soit trai­tée au plus haut ni­veau de l’État, celle de la pré­si­dence de la Ré­pu­blique. Avec son plan « Ma santé 2022 », il a pour­tant fixé un cap clair au sys­tème pour les cinq ans de son man­dat, mê­lant nu­mé­ri­sa­tion, co­opé­ra­tion et édu­ca­tion. Or les phar­ma­ciens qui ont, à mon grand re­gret, été fort peu ci­tés jus­qu’à pré­sent, sont concer­nés au pre­mier chef par ces trois évo­lu­tions.
Ju­gez plu­tôt : avec le dos­sier phar­ma­ceu­tique et plus lar­ge­ment grâce à leur pra­tique quo­ti­dienne du tiers payant, les phar­ma­ciens ont pris les de­vants de­puis plus de dix ans. La gé­né­ra­li­sa­tion du dos­sier mé­di­cal par­tagé (DMP) pas­sera donc non seule­ment par l’of­fi­cine mais je vous fais le pari qu’elle y sera le plus sou­vent ini­tiée ; nous en avons la com­pé­tence et la ca­pa­cité.

    « Ne bri­sez pas la dy­na­mique de la pro­fes­sion dans les an­nées à ve­nir. »

Concer­nant la co­opé­ra­tion, sur le ter­rain, les com­mu­nau­tés pro­fes­sion­nelles ter­ri­to­riales de santé (CPTS) se mon­te­ront avec en leur sein tous les pra­ti­ciens de ter­rain dont, au pre­mier rang, les phar­ma­ciens. Nombre d’entre vous étaient déjà im­pli­qués dans les mai­sons de santé ou les équipes de soins pri­maires… et ces CPTS se­ront la conti­nuité d’un en­ga­ge­ment déjà fort.
Peu im­porte que nous n’ayons pas ou peu été ci­tés dans les dis­cours of­fi­ciels, sur le ter­rain notre im­pli­ca­tion parle pour nous : ren­dez-vous compte, à l’heure où j’écris ces lignes, nous avons dé­passé les 500 000 vac­ci­na­tions en of­fi­cine, dont près de 100 000 pri­mo­vac­ci­nés, un ex­ploit dont peu de pro­fes­sions se­raient ca­pables. Et pour­tant, cet ex­ploit, les phar­ma­ciens l’ont réa­lisé.
C’est pré­ci­sé­ment pour cette rai­son que je ne sou­haite pas que cette dy­na­mique soit bri­sée dans les an­nées à ve­nir. Avec la sup­pres­sion du nu­me­rus clau­sus et la ré­forme des études dans les mois à ve­nir, c’est de la pro­chaine gé­né­ra­tion dont je parle, celle qui entre en deuxième an­née au­jour­d’hui et vac­ci­nera en 2022, au mo­ment où Em­ma­nuel Ma­cron fi­nira son man­dat. L’of­fi­cine de­vra être prise en compte et res­pec­tée dans les dis­cus­sions qui viennent afin que tou­jours plus d’étu­diants choi­sissent notre fi­lière par convic­tion. Tout sim­ple­ment parce qu’ils au­ront la cer­ti­tude d’ac­com­pa­gner les pa­tients et d’agir pour la santé pu­blique.

Ne les dé­ce­vons pas.

Philippe GAERTNER
Président de la FSPF

Editorial du Pharmacien de France
Décembre 2018

 

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